La renaissance de Bernard Buffet passe par Marseille
 
Bernard Buffet
 
Bernard Buffet a peu peint Marseille. C'est pourtant par ce "Vallon des Auffes" de 1993 que le visiteur est accueilli à l'espace billetterie de la Vieille Charité.

Rarement peintre aura connu un tel parcours en dents de scie que Bernard Buffet. Adulé et égal de Picasso dans les années 50 -une exposition à la galerie parisienne Charpentier enregistrera 102000 entrées payantes en 1958!-, il tombera ensuite dans le déni puis l'oubli institutionnel et critique, jusqu'à son suicide, le 4 octobre 1999, dans sa maison varoise de Tourtour. Quant au public, s'il connaît le nom, il ignore beaucoup de son oeuvre.

Souvent limité aux clowns, aux vues de Paris ou aux bouquets de fleurs, l'artiste a peint des sujets plus sombres, plus graves, lui-même traversé par une vie de tragédies et de malentendus, de sa liaison avec Pierre Bergé au mariage avec Annabel.

Dix ans après sa mort, les musées de Marseille sont les premiers en France à présenter une rétrospective digne de ce nom. Sous le commissariat du spécialiste Henry Périer, on la doit en partie aux prêts de ses trois héritiers mais, surtout, à ceux du galeriste parisien Maurice Garnier qui, inlassablement, depuis 30 ans, présente sa peinture.

Quelque 60 toiles, dont de très grands formats, couvrant toutes les périodes phares, rendent compte, à la Vieille Charité, de 50 ans d'une peinture acharnée puisqu'on attribue à Buffet entre 8000 et 10000 toiles. Tandis qu'une amorce de renaissance se fait jour, Marseille y apporte ici une belle pierre.
 
Patrick MERLE - LA PROVENCE - 13 mars 2009