"Cher Peintre" à Beaubourg
 
 
Peindre peut aujourd'hui être perçu comme une provocation.

Installations, performances, vidéos, photographies tentent bien d'en gommer l'importance, la pertinence même, préférant le virtuel et le conceptuel à la représentation figurative. Peine perdue ! Il y a toujours des artistes qui se confrontent à une histoire.

Cher Peintre, à Beaubourg, va dans ce sens. Avec comme tête de pont Picabia.

Et quel Picabia ! Celui des années 40 et son érotisme issu des films de série B et des revues comme Paris Sex Appeal ou Mon Paris. Magazines bien inoffensifs aujourd'hui. La manière dont Picabia à l'art de jouer avec la lumière sur les corps nus, d'imposer un désir inaccessible, est étincelante.

Comment être figuratif après cela ? Seize peintres modernes et contemporains répondent à leur manière. Américains, Allemands, Belges, Français.

L'occasion de découvrir le Bernard Buffet de la fin des années 40 et la puissance de caractère funèbre de ses modèles et de lui-même.

Après, il s'agit pour chacun de s'investir dans la critique sociale, la dérision ou une certaine idée du romantisme, comme le fait Elisabeth Peyton et ses variations saganesque, de jeune fille toujours au bord de la tristesse.
 
Jean-Louis PINTE - Le FIGARO SCOPE - 26 JUIN 2002